vendredi 3 février 2012

Débat d'orientation budgétaire 2012 de la ville de Charenton

Lors du Conseil municipal du 3 février a eu lieu le Débat d'Orientation Budgétaire de la ville de Charenton.
Je vous propose le texte intégral de mon intervention au nom du groupe des élus "Réunir Pour Changer à Charenton"


Mesdames et messieurs,

Si vous n’en aviez pas conscience sachez qu’en allant vers les orientations budgétaires qui sont proposées vous serez les complices de tous les maux que la France connaît.
En nous proposant qu’il n’y ait pas de baisse significatives des dépenses, pas de remplacement d’un fonctionnaire sur deux, pas de baisse de la rémunération des élus, pas de baisse du « train de vie » de notre ville, un budget de fonctionnement et d’investissement quasi identiques aux dernières années vous semblez ne rien avoir compris, vous voilà en train de participer au grand plongeon de la France !
Voilà le discours que le Gouvernement insinue à longueur d’ondes et qui rejailli sur les représentants des collectivités locales. Le président de la République l’a encore rappelé dimanche soir, la source d’une partie des problèmes financiers de la France sont inscrits dans vos orientations budgétaires et, s’il est encore là à la rentrée, c’est sûr il s’occupera de nos budgets !
En fait si l’Etat se désengage c’est pour notre bien !
Comme cela ne doit pas être simple pour une majorité locale de soutenir les errements de sa majorité nationale.
La jonglerie des mots doit être poussée à son paroxysme : des paragraphes entiers a écrire quand une collectivité de gauche vous supprime une subvention et seulement une ligne,  voire un constat, sans même un regret, quand les dotations de l’Etat se raréfient par centaines de milliers d’euros !
Le contexte national des collectivités locales est celui-là et l’adjoint au maire chargé des finances nous l’a décrit avec les subtilités que vient d’exposer.
Pourtant, dans notre pays, s’il y a bien des institutions qui montrent le bon chemin ce sont les collectivités locales et les villes en premier.
Elles doivent faire face avec des recettes fiscales en diminution et une perte de plus en plus importante dans l’autonomie de décision quant à la fixation de leurs propres recettes !
Le phénomène de recentralisation que nous connaissons, qui affecte encore plus les régions et les départements, nous contraint terriblement.
Les transferts de compétences légaux ou de fait accroissent nos dépenses de fonctionnement,
La baisse considérable des dotations d’Etat aux projets les plus importants amputent nos investissements.

Et pourtant, nous n’avons pas le droit à l’emprunt inconsidéré et illimité comme l’Etat le fait, nous avons l’obligation de couvrir nos dépenses financières par nos recettes de fonctionnement.
Et pourtant, quand le gouvernement décide de ne plus remplacer un fonctionnaire sur deux il nous faut souvent compenser et recruter, des agents de police municipale, par exemple, pour continuer à assurer la sécurité de concitoyens. Là, il ne s’agit pas d’un transfert de compétences avoué, il se fait sans compensation et pèse sur nos dépenses.
Remarquez c’est plus clair quand l’instruction des permis de construire nous est transférée et nous oblige à créer des postes de fonctionnaires territoriaux.

Dans cette situation budgétaire nationale il nous faut prendre nos responsabilités.
Il nous faut être le relai de la croissance, dont notre pays à besoin, en jouant notre rôle en menant d’une part une politique volontariste d’investissement, rappelons que 80% de l’investissement public est réalisé par les collectivités locales, et d’autre part, en aidant ceux dont ont sait qu’ils se serviront de nos subsides directement sans les thésauriser.
Dans le cas inverse, nous prendrions une grave responsabilité.

Car si nous sommes tous d’accord sur un point, c’est que cette croissance est indispensable à l’objectif que nous avons tous : celui de résorber la dette (de l’Etat, je précise) qui asphyxie notre pays.

D’autant que cette année encore vous êtes donnés les moyens de maintenir le train de vie de notre collectivité : les augmentations de recettes fusent, je ne dit pas seulement d’impôts car vous entrez dans des subterfuges qui vous permettent d’affichent une soit-disante constance de votre fiscalité locale.

Décrivons les :
-       Une augmentation de tous les tarifs des services rendus à la population au minimum d’un montant égal à celui de l’inflation et même souvent plus,
-       Une augmentation des taxes sur les investisseurs immobiliers, ce fut le débat sans chiffre et sans perspectives que nous avons eu sur la taxe d’aménagement,
-       Une augmentation des bases de la CFE, qui est venue remplacer la taxe professionnelle, nous disons 50 % vous dites 20%, même en retenant votre chiffre il donne le vertige quand l’inflation est aux alentours de 2% ;
-       La spéculation immobilière organisée par vous même, en fixant des tarifs de foncier incroyablement élevés afin de financer vos investissements et afin de recevoir, dans le même temps, des droits de mutations élevés puisque les prix de sortie sont en hausse constante,
-       Une augmentation de la fiscalité locale en 2010 ;
-       Et le clou de la démonstration : une erreur de l’administration sur la taxe d’habitation qui vous permettra de dire que les impôts locaux n’ont pas augmenté et qui vous rapporteront l’équivalent de l’augmentation 2010 soit, selon vos propres chiffres 750.000 euros, sans que bien sûr vous n’ayez ni esquissé la volonté des rendre ses fonds perçus indument, ni limité vos hausses de services à la population.

Franchement, sauf à ce que vous viviez dans un autre monde, cela se voit et il est temps de changer votre discours sur la modération fiscale surtout que lorsque l’on sait que, grâce à notre localisation, les dieux du fisc vous ont favorisés à notre berceau en nous donnant une base d’imposition locative supérieure de 40% à la moyenne des villes de notre département.

Enfin, je me permettrai de vous indiquez que le ratio qui vous rend si fier, celui de « service rendu à la population » doit être immédiatement pondéré, donc considérablement revu à la baisse, car dans notre ville rien n’est gratuit.
Ce ratio étant la simple division des dépenses de fonctionnement face au nombre d’habitant, il ne tient pas compte du prix des services publics ou para-publics.

Ceci m’amène à vous prier d’être plus vrai dans vos chiffres et moins exubérant dans la prétendue qualité de vos indicateurs de gestion.

Depuis quelques mois vous avez défini, de fait et dans vos propos, votre stratégie immobilière et d’investissement.
Alors qu’au début de votre premier mandat vous souhaitiez agrandir les possessions immobilières de la ville, voilà qu’à présent vous avez décidé de mettre en vente son patrimoine.
Vous avez décidez de vendre les écuries pour améliorer le château !
Vous avez décidé de paupériser notre ville et de lui aliéner définitivement une partie importante de son patrimoine foncier.
Vous en êtes arrivés à vendre une école, un lycée et même une voirie tout entière !
Vous ne savez plus comment faire pour masquer l’étendue des besoins et satisfaire votre dogme, lui encore inverse à votre premier mandat, celui de l’emprunt zéro.
Avec fierté, vous vendez cher, en n’imposant aucune règle aux promoteurs et en les laissant libre de leur prix de vente…
En fait, vous sacrifiez les Charentonnais d’aujourd’hui, qui ne savent plus comment se loger, au profit de nouveaux habitants électoralement plus sûr.

Malheureusement, ayant payé de tels prix ces nouveaux habitants réclament un service public à la hauteur de leur investissement et vous voilà entrés dans une course folle et dans un cercle vicieux.

Depuis des années nous vous interpellons sur le fait que le prochain équipement que vous créez à pour fonction de simplement satisfaire le besoin d’hier sans répondre au besoin d’aujourd’hui.

Prenons le cas qui est compliquez, y compris pour notre groupe, mais que je souhaite, sans faux semblant, mettre en exergue ici.
Je veux parler de notre collège public.
Par une alliance contre nature, vous avez permis au Président de Conseil général de se libérer d’un investissement, qu’il préférera par essence ne pas être contraint de faire compte tenu de ses propres ressources financières, en allant dans son sens quant à la capacité de notre collège et à l’avenir de ses effectifs contre l’intérêts de nos enfants.
Donc, tant que nous ne serons pas aux commandes de cette ville, les cartes sont battues.
Pourtant n’est-ce pas vous deux, dans une symbiose qui faisait plaisir à voir, qui nous avez expliqué que le pic d’effectif arrivera en 2017/2018 ?
C’est-à-dire dans cinq ans ?
Et toujours dans une rare communion vous nous avez expliqué que les contacts ont été pris pour envisager, peut-être, mais sans en être surs, de construire un collège avec le renfort d’effectifs parisiens… à Bercy ?
Au delà du fait que, tout aveugler par ce ralliement, vous n’avez pas noté que le Conseil général considère qu’un collège doit avoir au minimum 400 élèves et qu’il s’agit là que de la moitié de 800 qui nous permettrai de mettre tous nos propres collégiens dans une situation immobilière confortable dès qu’ils seraient justement 800, c’est à dire prochainement. Vous voilà fonçant dans la vente de notre emprise foncière ayant le lycée Jean Jaurès pour édifice.
Monsieur le maire solennellement dites nous aujourd’hui si vous êtes en capacité de nous affirmer que le projet de ZAC de Bercy sera sorti de terre et fini dans 5 ans, que l’Assistance Publique vous aura cédé ses terrains à un prix correct pour notre collectivité, que le nouveau collège sera construit et en capacité d’accueillir ses nouveaux élèves ?
Sinon, ne serait-il pas temps d’avoir le courage de prévenir nos enfants qui rentrent cette année en CP qu’ils devront, pour partie, partir vers d’autres collèges que celui de notre ville ?
C’est cela prévoir aujourd’hui nos besoins de demain.

A l’identique vous savez
Que l’école des 4 vents sera immédiatement pleine,
Que celle, encore repoussée maintenant à 2014/2015, d’Anatole France ne viendra Que donner de l’air à notre complexe Aristide Briand,
Que de plus en plus d’élèves Charentonnais doivent accepter d’aller aux quatre coins de la ville pour trouver une place
Et que la carte scolaire municipale ne cesse de changer.

Idem pour la piscine qui se meurent de ne pas trouver les ressources nécessaire à son remplacement qui nous coute d’année en année toujours plus en rénovation et remise à niveau.

Idem pour le Centre technique municipal, que vous avez enfin inscrit cette année, mais qu’il y a fort à penser que sa réalisation ne se fera pas complétement.
Concernant ce dernier, il vrai, qu’il est votre prochaine vente sur la liste des biens de la ville.
Depuis près de 10 ans les riverains doivent vivre avec cette verrue esthétique et ce terrain à l’abandon qui est juste devant. Que dire pour les agents qui y travaillent !

Que dire de ce mur SNCF à Valmy qui rappelle que ce quartier n’est pas dans vos priorités.

Et notre administration municipale, toujours à la recherche d’un petit coin de bureau pour mieux travailler et qui pourtant se dépense sans compter afin de satisfaire nos concitoyens.

Passé la période électorale, voilà que vous avez purement et simplement gommé de vos projets la densification des pistes cyclables sur notre ville et reléguez à d’autres débats d’orientation vos supposées préoccupations environnementales.

A l’exception du respect du dogme de l’emprunt zéro, à quoi cela sert-il exactement ?
Avez vous conscience qu’à vouloir tout financer en fonds propres, qu’au delà de minimiser vos investissements pour les ramener à la hauteur d’une ville de 20.000 habitants, vous laissez passer un tel temps qu’entre le moment de la création du besoin et sa réalisation effective vous auriez largement eu le temps de rembourser un emprunt et que les Charentonnais auraient pu profiter de l’équipement durant toutes ses années perdues ?

Vous avez compris que nos orientations budgétaires s’inscriraient dans un cadre plus volontariste, que notre ambition serait de conforter le patrimoine de la ville et de l’améliorer pour le tourner vers l’amélioration des services à la population, que nous aurions su arbitrer entre fonds propres et ressources extérieures.
Nos priorités sont celles dont nous parlent nos concitoyens :
il s’agit du logement d’abord et du pouvoir d’achat ensuite,
il s’agit d’un enseignement public de qualité,
il s’agit de la préservation et de l’amélioration de leur environnement,
il s’agit de la solidarité et du lien intergénérationnel,
il s’agit de l’accessibilité du plus grand nombre aux activités culturelles, sociales et sportives.
Nous pouvons, si vous le voulez, entrer dans le détail de chacun de ces points tant nos analyses divergent sur l’essentiel, mais j’ai déjà été assez long pour vous exprimer toutes nos différences.
J’aimerai toutefois terminer sur une note plus optimiste.
Au nom des élus que je représente, je souhaite réaffirmer une conviction profonde.
Malgré nos divergences, nous devons unir nos forces face aux partenaires de notre collectivité.
Ce débat d’orientation budgétaire doit nous rappeler que nous œuvrons pour une tache qui est plus grande que nos querelles immédiates et que nous devons tout mettre en œuvre pour y arriver.
Quand l’Etat à tord, il a tord, quand le Conseil général à tord il a tord mais ces appréciations ne doivent pas être guidées par la couleur politique de notre partenaire mais par le seul intérêt que nous mettons à satisfaire nos concitoyens.
Pour ma part c’est le sens de mon engagement, et même si certains de mes propres amis politiques sont parfois peu enclin à aider notre ville, qu’il s’agisse des protections phoniques ou de nos médiathèques, mes convictions à travailler au profit des Charentonnais l’emportent toujours.
Nous vous invitons à faire de même.
Ceci est une main tendue à la réalisation des prochains projets de la ville.
Si notre action est politique elle ne doit jamais perdre de vue la direction vers laquelle elle est orientée : ici elle se définie dans l’intérêt de Charenton et de ses habitants.
Merci de votre attention.

1 commentaire:

  1. Une augmentation des impôts locaux a pénaliser les contribuables de Charenton et de Saint Maurice. 
    Quand le maire de Saint Maurice a bougé tout le monde avait déjà reçu sa feuille d'impôts.
    Mais le maire de Charenton a fait comme s'il n'avait rien vu.
    Le Saint Maurice info de novembre expliquait que l'augmentation était une erreur de l'administration.
    Quelques contribuables ont voulu payer le juste prix plutôt que d'attendre ensuite d'être remboursé. les impôts de Charenton leur ont dit qu'il fallait payer ou que c'était 10% et qu'il n'y aurait pas de remboursement possible. Ils ont ajouté que c'était la communauté de commune qui avait décidé de supprimer les abattements.
    Corinne Neves a fait un article qui cite Nicole Martin, Conseillere Municipale du Modem à Saint Maurice. Son article devait parraitre  en 4ème page du Val de Marne matin le 2 décembre sous le titre "31000 foyers ont payé trop d'impôts".
    Mais le 2 decembre pas le Val de Marne matin dans le Parisien à Charenton !!
    On trouvait les feuilles pour les parisiens après avoir acheté notre journal favori !!
    Cela n'arrive jamais et c'est grave à cause de la publicité locale qui n'est pas diffusé. Les annonceurs peuvent faire des problèmes. Le centre commercial Arcades de Noisy le Grand et le garage Nissan Cap des Nations avaient des annonces prévues à la même page.
    L'article a paru le 5 décembre, mais cette fois à la Une de Val de Marne matin et sous un gros titre : "L'oubli des élus entraine une hausse des impôts". Le passage à la trape a été corrigé non sans que le titre soit changé par la rédaction du journal pour dénoncé les élus.
    Le maire de Charenton n'a rien fait.
    Le Maire de Saint Maurice a fait parraitre dans le dernier Saint Maurice Info un message mettant en cause une "élue du centre" de sa commune. On voit bien de quoi il parle.
    Ce serait bien que les charentonnais et les mauriciens puissent donner leur avis sur votre blog.
    Un lecteur du Parisien.

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