vendredi 5 juillet 2013

Commerce de proximité à Charenton : Un dossier resté « lettre morte » depuis de trop longues années présenté, aujourd'hui, sans aucune stratégie.

"Il nous faudra des dizaines d’années pour réparer les dégâts fait par cette politique"
Conseil Municipal de Charenton-le-Pont du 4 juillet 2013 :
« Mise en application du droit de préemption des fonds de commerce,fonds artisanaux et baux commerciaux » 

 Intervention de G-M BELLAÏCHE :

"Après le droit de préemption renforcé sur toute la commune. C’est à dire le droit d’empêcher quiconque de vendre pour pouvoir décider de l’acheter par la commune au prix, toujours inférieur, des domaines, vous nous proposez un droit de préemption sur les fonds qu’ils soient commerciaux ou artisanaux avec les mêmes conséquences pour les propriétaires de ces fonds.
Il s’agit là d’un dossier très important dont notre groupe demande le traitement depuis trop longtemps et qui malheureusement est resté « lettre morte » depuis de trop longues années.
Comme il est loin le temps où devant cette même proposition, faite il est vrai par nous, donc imparfaite à vos yeux, vous nous répondiez que jamais vous n’interférez sur la libre cession des fonds de commerce.
Que vous étiez des libéraux et fermement opposés à toute économie dirigée.
Que devant notre constat de la bancarisation du centre ville,
Que devant notre alerte sur le fait que nos centres villes étaient en train de perdre de leur âme,
Que devant notre exhortation à vous pousser à intervenir, vous balayiez d’un revers de manche notre interventionnisme, présenté comme néfaste et négatif, et affirmiez votre impuissance, et votre choix de surtout ne pas intervenir.
Si nous étions provocateurs nous vous demanderions : « seriez-vous devenus des chancres du collectivisme » ?
Les années ont passé, notre centre ville est à présent rempli de mono-services (banques, agences immobilières et coiffeurs). Non pas que ces activités soient en elles-mêmes mauvaises, mais force est de constater qu’il n’y plus de charcuterie, plus de poissonnerie, plus de fromager, plus que quelques rares bouchers, enfin que la diversité, qui crée l’attractivité commerciale, s’est éteinte.
La vie locale tourne autour du Monoprix et du marché à ses jours d’ouverture.
Vous avez laissé se restreindre, comme une peau de chagrin, le commerce de proximité.
Il nous faudra des dizaines d’années pour réparer les dégâts fait par cette politique qui aurait pu, et du, être différente mais que vous revendiquiez comme co-substanticielle à votre ADN politique.
A présent, voilà que ce qui était le diable devient la panacée ! Mais une panacée encore bien timide.
J’ai eu beau demander en Commission, j’ai eu beau écouter avec attention les propos de Monsieur l’adjoint, je n’y vois toujours pas de stratégie.
Vous nous présentez un constat et mettez en place un droit restrictif.
Mais pour que la population comprenne pourquoi elle devrait accepter une perte de sa liberté, il faudrait y ajouter une stratégie.
En effet, une fois ce constat fait, et il n’est pas brillant pour la vivacité de notre commerce, qu’allez vous faire de ce droit exorbitant du droit commun ?
Pour quel type de commerce, situés dans quel quartier ?
Allez-vous favoriser l’implantation de commerce de bouche ? ou celui de textile et d’habillement ?
Allez vous faire appel à des professionnels de la redéfinition de l’attractivité commerciale ?
Allez vous attirer de nouvelles enseignes dites locomotives ?
Une fois de plus vous semblez manquer de cohérence ou de transparence.
Nous vivons, en ce moment même, une restructuration complète de notre centre ville.
Ne pensez-vous pas, que vous auriez du d’abord finir cette étude, ensuite mettre en place votre stratégie et enfin restructurer notre centre ville sur la base de cette même stratégie ?
Dans la même idée, nous constatons que Bercy, qu’il s’agisse du quartier ou du Centre commercial, ne font pas parties de vos pôles retenus.
Pourtant à la fois pour les habitants du quartier, qui dépendent que d’un centre commercial qui n’offre aucun service le dimanche notamment, que pour le centre commercial lui-même, qui en train de vivre des moments très difficile, nous aimerions connaître la stratégie envisagée.
Bien sûr nous voterons cette délibération, tant elle prouve la justesse de nos projets et notre capacité à anticiper les problèmes de notre ville. Mais nous le ferons avec le regret de l’absence, pourtant essentielle, de l’expression d’une stratégie qui, en plus, aurait du être proposée et discutée avec nos concitoyens.

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