vendredi 10 avril 2015

Le Budget 2015 de Charenton : notre ville peut faire tellement plus et mieux !

Le 9 avril dernier, s'est tenu le Conseil municipal avec comme point principal inscrit à l'ordre du jour : le budget 2015 de la ville de Charenton.
Dans mon intervention, au nom des élus du groupe "Charenton avant tout !", j'ai voulu pointé du doigt la contradiction pour une majorité municipale UMP-UDI de "crier à l'étranglement" financier tout en nous annonçant un excédent budgétaire de + de 10 Millions d'euros (soit 20% du budget global de fonctionnement). J'expose les axes d'une autre politique possible pour notre ville et les choix budgétaires que propose notre groupe.
Je vous propose de lire le texte de mon intervention :
(...)
Monsieur le maire, Cher-e-s collègues,
(...) 
Lors du dernier débat d’orientation budgétaire, qui s’est tenue en février dernier, j’ai été personnellement interpellé, par Monsieur le Maire-adjoint chargé des sports, sur mes prétendues évolutions en matières budgétaires.
Je suis sur qu’il aura eu à cœur d’apporter avec lui les références de ces citations, ou bien sûr, de me présenter ses excuses pour ses fausses allégations.
Mais puisqu’il m’apostrophait sur trois points, je vous propose au regard de ce budget de les analyser avec sérieux et sans « on dit ».

Il m’a été reproché que j’étais pour les augmentations d’impôts. 
Si cela est vrai quand elles sont destinées à une politique de redistribution, c’est totalement faux à Charenton, car nous sommes dans une ville qui, excusez du peu, peut présenter, le tout emballé dans un discours d’austérité, un bénéfice d’une année sur l’autre de plus de 8 M€, et si l’on prend en compte le bénéfice de la Communauté de Communes qui est reversé à notre ville pour un montant de près de 2 M€ nous arrivons à la somme extraordinaire, vous en conviendrez, de plus de 10 M€. 
Clairement non, les impôts à Charenton n’ont pas à être augmentés mais au contraire il est temps de penser à les diminuer.


Il m’a été ensuite reproché d’être favorable à l’emprunt. 
Effectivement, quand il permet d’investir pour les générations futures, pourquoi payer cash ce qui servira pour les 20 ou 30 prochaines années ?
Je suis sûr que peu ici ont acheté leur appartement cash, mais je suis tout autant sûr que peu ici ont du faire un emprunt pour acheter leur baguette de pain.
Alors oui, dans le cadre d’une gestion raisonnable, il est nécessaire d’arbitrer entre ces deux besoins. 
Mais, alors que l’argent se négocie aujourd’hui aux alentours de 1%, il serait assurément de mauvaise gestion de rejeter cette possibilité de financement si le besoin existait. 
Il est vrai qu’avec plus de 10 M€ d’avance, cela pourrait paraître totalement iconoclaste.


Enfin, je serai un chancre de la péréquation. 
Oui, j’ai toujours pensé qu’il fallait créer des mécanismes qui permettent aux plus riches d’aider les plus pauvres.
C’est le sens même de notre modèle social,
 Vous savez : la sécurité sociale, les retraites, l’impôt progressif…, enfin tout ce qui fait la grandeur de notre pays. 
Il est vrai que quand nous sommes personnellement concerné, il est parfois difficile de faire un chèque pour assumer notre part de cette redistribution.
Mais alors là, à Charenton, comment pourrions expliquer que malgré les ponctions régulières sur les dotations que nous verse l’État, notre ville continue à voir ses recettes fiscales augmenter plus que l’inflation et son bénéfice toucher des sommets ?
Seriez vous devenus à ce point recroquevillés sur vous mêmes que vous ne voyez pas ce qui se passe à nos portes ? 
J’assume, avec mes amis, clairement la nécessité de poser une règle qui dit qu’un territoire doit se regarder dans sa globalité et non aux seules limites artificielles de la commune. 
Cette solidarité permet, et je prends un exemple au hasard, à ERDF de connecter au même prix tout ses abonnés quelques soient l’éloignement et la difficulté de l’habitation : c’est cela en fait la réalité de la péréquation que vous semblez condamner.

C’est un regard différent que nous portons sur l’action publique. Nous sommes des défenseurs du service public et vous semblez vous considérer comme des prestataires de services. 
Nous affirmons qu’une autre politique budgétaire est possible pour notre commune et nous allons vous en donner des exemples les plus significatifs :


Si vous décidiez de mettre en place une politique de la jeunesse digne de ce nom pour laquelle vous décideriez de rendre à nos jeunes une perspective citoyenne, pour laquelle vous décideriez que la médiation sociale n’est pas un gadget pour satisfaire un coin de programme électoral, pour laquelle vous vous obligeriez à reconquérir les jeunes des 400 familles que vous avez rejeté de l’ex-ALIAJ, pour laquelle vous décideriez que nos jeunes, quel qu’ils soient et quelque soit leur quartier d’origine, ne sont pas un problème mais une chance alors vous ne vous présenteriez pas devant nous avec un budget de médiation sociale qui dès sa deuxième années est en baisse de 60%.
Nous vous proposons au contraire de prendre 3% des excédents de la ville pour mettre en place cette nouvelle politique envers nos jeunes.


Si vous décidiez de recentrer la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, non pas par rapport à sa seule équation économique, mais sur l’intérêt, j’allais dire, supérieur, de nos enfants, vous ne diriez pas des hérésies et agiriez différemment.
Car la vérité est dans ce budget : la mise en place de la réforme des rythmes scolaires n’a pas couté 400.000 € annuels, et encore moins trimestriel, comme vous nous aviez annoncé, avec des sanglots dans la voix, à cause de cette « scandaleuse » réforme, même pas la moitié mais facialement moins de 100.000 €.
Je dis facialement car elle semble avoir couté 230.000 € auxquels nous devons retrancher les 110.000 € du fonds d’amorçage versé par l’État, et auxquels nous devons en plus retrancher, une somme qui est inconnue des membres de l’opposition, à savoir le surplus versé par la CAF pour l’élargissement des centres de loisirs consécutifs à cette même réforme.
Nous vous proposons au contraire de prendre 3% des excédents de la ville pour mettre en place cette nouvelle politique envers nos enfants. 
Là nous pourrions mettre en place de vraies activités périscolaires, nous intéresser aux rythmes chrono-biologiques de l’enfant et offrir aux parents cette avancée extraordinaire. 
Puisque le problème n’est pas financier, je rejette cette forme de lassitude, voire de fainéantise, qui consisterai à expliquer que mettre en place une réforme dans l’intérêt de nos enfants serait fastidieuse, trop compliquée et contraignante… car là, je m’interrogerai sur simplement votre envie de remplir les obligations de votre mandat pour lequel vous avez été élu !


Si vous décidiez de repenser votre politique sociale, non pas en laissant la PMI de notre ville dans l’état de délabrement dans laquelle elle est, ni de ramener le nombre d’assistante sociale capable, et ayant le temps de se consacrer à leur tâche, à 0.
Mais si vous décidiez au contraire de vous investir auprès des plus nécessiteux de notre ville pour permettre d’avoir une aide parfois, mais surtout un accompagnement qui ouvrirai à ces Charentonnais tout le champs, et nous savons qu’il est important, des aides, nationales ou départementales, auxquelles ils auraient droit, vous rempliriez votre rôle de service public. 
Pour ce faire nous vous proposons de prendre 3% des excédents de la ville pour mettre en place cette politique sociale.


Si vous décidiez de rétablir les moyens à notre action culturelle, de lui donner les capacités d’une plus grande ouverture et d’une nouvelle accessibilité à tous, vous œuvriez dans la noble tâche qui doit être celle de la puissance publique et donneriez à nos concitoyens le droit à une ouverture d’esprit et une possibilité de mieux comprendre les enjeux de notre monde. 
Voyez vous, pour nous, la culture n’est pas qu’un simple divertissement c’est le moyen de faire grandir notre citoyenneté et notre pensée. 
Pour ce faire nous vous proposons de prendre 2% des excédents de la ville pour mettre en place cette politique culturelle.


Si vous décidiez de donner à notre tissu associatif à la fois les moyens de s’étendre et d’être rejoint par le plus grand nombre, vous favoriseriez l’esprit du bénévolat, l’esprit de solidarité et l’épanouissement culturel et sportif des Charentonnais.
Pour ce faire nous vous proposons de prendre 2% des excédents de la ville pour mettre en place cette politique associative.


Si vous décidiez d’écouter nos concitoyens et d’arrêter de penser que vous êtes omniscients et que vous seriez à même de savoir mieux que les habitants eux-mêmes ce qui compte et ce qui doit être fait, vous mettriez en place de vrais espaces de concertation en amont de tous les projets, vous vous obligeriez à parler avec les Charentonnais des projets qui les concernent et après, seulement après, vous prendriez votre décision. 
En substance, vous décideriez de faire exactement l’inverse de ce que vous faites aujourd’hui.
Nous vous proposons certes de mettre en place une démarche à la fois fastidieuse et contraignante, mais là aussi ce ne peut être une raison pour mettre de côté l’avis de nos concitoyens, sauf à vous dérober de vos responsabilités électives.
Pour ce faire nous vous proposons de prendre 0,5% des excédents de la ville pour mettre en place cette politique de concertation et d’écoute.


Si vous décidiez de mettre en place pour tous les services un quotient familial qui ne ferait pas que les familles qui gagnent 10 fois moins payent que 3 fois moins leurs inscriptions, notamment aux séjours d’été et d’hiver, vous pourriez vous inspirer du taux d’effort que la CAF impose à nos crèches.
Pour ce faire nous vous proposons de prendre 1% des excédents de la ville pour mettre en place cette politique de quotient familial juste.


A travers l’ensemble des ces exemples, issus de la section de fonctionnement, nous vous proposons n’ont pas d’augmenter les impôts, n’ont pas d’avoir recours à l’emprunt mais seulement de répondre aux besoins de services publics de nos habitants pour un coût qui représenterai moins de 15% des seuls excédents de la ville et loin d’emmener notre ville à la banqueroute nous lui laisserions encore plus de 8,5 M€ d’excédent. 
Et là bien sûr je n’ai touché à aucune dépense. Car si le besoin s’en faisait sentir, nous serions aussi à même de proposer une liste de réduction des coûts.
Mais tous comprendront ici que le Budget 2015 n’a pas besoin de ses compressions, mais la bonne gestion nous obligerait à les prévoir le cas échéant.



En matière d’investissements, là il s’agirait de prévoir l’avenir mais surtout de combler les manques les plus criants et ce toujours en regard des capacités réelles de notre ville.
A ce stade, vous comprendrez aisément qu’il nous paraît totalement incompréhensibles que l’informatisation de nos écoliers et de leur classe soit à ce point en retard, que toutes nos classes ne soient pas équipées de tableaux numériques, que les écoles Aristide Briand et Valmy soient laissées dans l’état de vétusté extérieur qu’elles connaissent en qu’enfin une nouvelle piscine voit le jour à Charenton. 
Sur ce dernier point, allez soyons large et en tenant compte des aides liées à la construction d’un tel équipement, disons que le coût pour la ville serait de 10.000.000 € et bien là, je vous proposerai d’en étaler le coût sur 15 ans et avec les taux du crédit d’aujourd’hui de consacrer 1,1 % de l’excédent de la ville en intérêts d’emprunt.
Effectivement, nous faisons le choix de recourir à un emprunt pour un tel investissement, qui assurément durera plus de 15 ans et refusons, comme pour le théâtre des 2 rives d’attendre encore 10 ans que la ville puisse le payer cash.
Pour le reste de nos projets d’investissements c’est dans l’application de tous ce que je viens de vous proposer que nous définirions notre plan pluriannuel d’investissement dans l’écoute et la concertation.


Car, en fait, dans notre fonction politique tout est une question de choix. 
Voyez vous ? L’ouverture du Relais d’Assistantes Maternelles qui était réclamée depuis tant et tant d’année et bien il est aujourd’hui ouvert…et n’a pas pour autant obéré les finances de notre ville.


Pour terminer, et afin de mettre un peu de relativité dans tous les chiffres que je viens de vous donner, savez vous que si nous additionnons le coût de la cérémonie des vœux du maire et celui du repas annuel des anciens, sans pour autant remettre en question définitivement ces manifestations, nous aboutissons à une somme qui approche les 150.000 €… soit 1,5% des fameux excédents budgétaires dont je vous rabats les oreilles depuis le début de mon propos ?
Et enfin, je n’oublie pas que le projet que nous combattons, mais qui verra malheureusement sûrement le jour, celui qui veut détruire une perle de notre architecture communale sur le site de l’ancien lycée Jean Jaurès rapportera à lui seul 15 M€ !


En définitive, avec les ressources que nous avons c’est un budget dynamique et de relance que nous pourrions avoir entre les mains, un budget qui répond aux attentes de services publics de la population, un budget qui arrête de faire croire que notre ville serait prise à la gorge, qui encouragerait nos citoyens à croire que nous pouvons regarder l’avenir sereinement. 
Au contraire, avec autant de ressources, vous créez un climat de raréfaction, anxiogène pour la population, d’explication, certes peu crédibles, mais répétées à l’envie sur la prédentue perte de notre capacité "à faire".
Notre ville est loin, très loin, de ce tableau. 
Votre façon de faire est proprement indécente, 10 M€ de trop perçu en 2014, après une quasi même somme entre 2012 et 2013, et vous voilà encore à dire à nos concitoyens « que nous ne pouvons pas », « que les budgets ne le permettent pas ». 
C’est avec une réelle tristesse que je fais ces constats, nos concitoyens ont besoin d’espoir, vous leur proposez de la sueur et des larmes avec pour seule réponse celle d’Arpagon assis sur son or « ma cassette ou est ma cassette ».
Au delà de nos différences politiques, nous continuons à croire que vous pourriez consacrer quelques milliers d’euros de plus à la satisfaction des besoins de nos habitants et que surtout votre discours porte la responsabilité du climat qui fait que nos habitants se recroquevillent sur eux, pensent que la puissance publique les abandonnent, que rien n’est à attendre de l’avenir…
Bien sûr, il est tellement plus simple, comme vous allez sûrement le faire juste après mon propos, de rejeter la responsabilité sur nos gouvernants, sur le Département ou même la Région quand la source de cette austérité, qu’aime à dénoncer certains, est en fait là maintenant entre les mains de votre majorité. 
Le budget que vous nous proposez est un budget de crise, alors que de toute évidence cette crise que l’on met à toutes les sauces n’est pas Charentonnaise. 
Nous restons dubitatifs quant aux buts poursuivis,
Nous avons largement les moyens de faire plus, sans pour autant remettre en cause nos équilibres financiers fondamentaux…et vous ne le faites pas.
Alors comme vous aimez nous le faire remarquer, les oppositions à votre politique représentent un gros tiers des Charentonnais qui se déplacent pour aller voter.

Porteur de cet autre Charenton, nous continuerons à en être les représentants et à dire très haut que nous sommes clairement dans l’opposition et continuerons à dénoncer un budget d’austérité dans une ville qui n’en a vraiment pas le commencement d’un besoin. 
Pour toutes les raisons que je viens d’exposer, nous refuserons ce budget et voterons contre le Budget Primitif 2015 qui nous est proposé.
Je vous remercie de votre attention.

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