lundi 18 avril 2016

Budget 2016 : Le choix d'augmenter la pression financière sur les Charentonnais

Budget 2016 - Ville de Charenton
Après la séance du 17 février, durant laquelle les élus PS ont du quitté la salle du Conseil municipal. (voir sur ce blog l'article sur ce sujet).
Le 14 avril 2016 s'est tenu un Conseil portant sur l'analyse du Budget Primitif 2016 de la ville de Charenton.
Vous pourrez lire, ci-après, l’intervention de G-M BELLAÏCHE, prononcée au non des élus du groupe "Charenton avant tout !" :
Mes chers collègues,

J’ai appris une nouvelle étrange, il semblerait qu’au Conseil Départemental le président du groupe « Les Républicains » a fait une charge incroyablement sévère et critique à l’égard de la gestion de la majorité politique départementale et, il a quand même décidé de continuer à vivre dans le Val de Marne.  
En effet, malgré la charge et les critiques véhémentes qui ont été émises, il a décidé de ne pas s’appliquer la règle « Le Val-de-Marne on l’aime où on le quitte ! ».(cf article sur séance du Conseil municipal du 17/02/2016)
Il est donc possible, ailleurs, de critiquer très vertement une politique territoriale sans pour autant associer le territoire à un seul individu fut-il président du Conseil départemental ou même maire d’une commune.
Nous pourrions faire le même parallèle avec les critiques de nos élus nationaux de droite, tant elles sont sévères sur l’état de la France.
Donc, une fois posé le fait que le rôle d’une opposition est de critiquer la gestion de la majorité politique qui gouverne et lui proposer de nouvelles pistes, alors, il ne faudrait pas que ce que vous considérez comme normal quand vous êtes dans l’opposition serait insupportable quand vous êtes majoritaires.
Nous espérons donc que ce débat budgétaire pourra se tenir normalement et que la majorité Charentonnaise acceptera que l’opposition municipale…ne pense pas comme elle, n’a pas le même regard sur la manière dont notre ville doit être gérée et qu’elle est même autorisée, par un système qui s’appelle la démocratie, de critiquer, même vertement, la majorité en place.
Ceci dit, je vous propose l’analyse que nous faisons du Budget primitif 2016 de la ville de Charenton et les préconisations qui sont les nôtres. Tout d’abord nous devons poser comme réalité, que ce budget primitif 2016 n’est pas comparable à ses prédécesseurs car est, à présent, intégré la fin de la CdC, la création du T10 et de la Métropole du Grand Paris.
Il nous faut donc saluer ceux, élus et fonctionnaires, qui ont du travailler dur pour nous présenter un budget, presque, complétement nouveau. Nous avons conscience du travail d’équilibriste que cela implique, dans un environnement administratif qui de surcroit n’est pas stabilisé.
Nous pensons qu’il eut été à la fois pédagogique et transparent de faire un petit "tiré-à-part" permettant d’analyser les coûts et les produits spécifiques à cette modification administrative.
Toutefois, si cela n’a pas été fait pour cette discussion budgétaire, cela pourrait être un travail à faire en commission des finances.
Nous vous le proposons.
Car de toute évidence tous les équilibres sont faussés et non comparables.
 En effet, nous pourrions nous affoler d’une augmentation de la part de la masse salariale de plus de 14 % et des « autres charges de gestions courantes » de plus de 380 % et même d’une progression de nos recettes liées aux impôts et taxes de plus de 46%.
Tout est mélanger, entremêlés et, sans une lecture fine et détaillée, que nous ne pouvons faire, il est impossible d’analyser ce budget au regard du BP 2015 . Nous resterons donc sur les postes qui n’ont pas vu d’effets liés à ces modifications structurels de notre budget.
Le premier élément structurant est que nous intégrons dans ce BP 2016 un excédent de fonctionnement de l’année précédente de plus de 10 M € d’excédent.
Avec un tel résultat, il est compliqué d’entendre que notre ville subirait la baisse des dotations de l’État, mais au contraire, sauf à nous expliquer que vous avez renoncé aux services aux Charentonnais, il est clair qu’il serait plutôt à l’honneur de notre ville pour le moins de se taire ou, mieux, de s’engager dans cette nécessaire solidarité nationale, pour le déficit public, et dans cette nécessaire solidarité régionale pour lutter contre les disparités territoriales.
D’autant que ce budget, peut se permettre de ne pas inscrire d’emprunt, même à titre conservatoire, tout en inscrivant 2 M d’€ de « poire pour la soif » en prévoyant :
1 M€ pour « opportunités foncières »
1 M€ pour « dépenses imprévues »

Concernant la partie Fonctionnement de ce Budget :
Nous ne reviendrons pas sur les écarts en recettes et en dépenses dues au Territoire T10, à la Métropole du Grand Paris et la fin de la Communauté de Communes.
En substance donc, sans une analyse fine à périmètre constant, cette partie du budget est entièrement nouvelle et ses suites et conséquences devront être analysées dans les années à venir. 
Toutefois, nous resterons toujours intrigués par le fait, alors que vous jurez la main sur le cœur que les familles ne sont pas plus mises à contribution, que les dépenses liés aux services fournis à ces mêmes familles augmentent toujours beaucoup moins que les recettes tirées des contributions familiales.
Ainsi l’achat d’alimentation (6042 et 60623) augmente pour la ville de 2%, soit un peu plus que 50.000 €, et les recettes pour ces mêmes repas augmentent elles de plus de 3% soit plus de 110.000 €. C’est bien 60.000 € que les familles paieront en plus.
D’autant que malgré ce que j’ai pu lire des propos tenu dans la précédente séance, le cahier des charges de l’appel d’offre en cours sur la restauration collective ne prévoit pas 50%, ni même moins mais aucune obligation chiffrée en matière de circuit cours et d’agriculture biologique.
Par contre, nous ne pouvons que nous attrister de constater les « 0 € » d’augmentation pour le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS).
Nous avions constaté lors du précédent débat, qu’en plus d’être excédentaire ce CCAS ne remplissait plus son rôle auprès des familles, notamment avec l’abandon de la prime de rentrée scolaire.
Alors, à l’inverse de ce que nous avons pu lire de ce qui a été dit en notre absence, nous sommes pour une politique envers nos anciens forte et respectueuse de ce qu’ils nous ont apportés, mais pas au détriment des familles.
Mais pour cet organisme, la question est de savoir si c’est un choix politique, tant on a le sentiment, et les propos du Vice-président du CCAS nous laisseraient le croire, que la politique du CCAS n’est pas guidée par les élus mais seulement techniquement par les agents, que je salue par ailleurs pour leur travail.
En matière d’action sociale, et contrairement à ce que j’ai pu lire dans le PV du précédent Conseil.
Certes, Charenton construit du logement social, mais exclusivement en PLS, c’est à dire en ILM comme on disait avant, donc ne cible qu’une toute petite part des demandeurs de logements sociaux.
A ce sujet n’est-ce pas le Préfet qui a dit que de ce fait, il était dans l’incapacité de proposer des candidats sur son contingent ? 
Déjà, proposer des logements sociaux exclusivement face à l’autoroute à de quoi refréner les demandeurs de logement social, mais je nous vois aller devant de grands problèmes d’affectation pour proposer à des cadres moyens, à des loyers quasi proche du privé, de vivre face à l’autoroute. 
Mais c’est vrai, qu’en matière de logement social, votre choix n’est qu’idéologique et non lié aux besoins des citoyens.

En matière de recettes, pesant sur les citoyens, là passez mois l’expression, mais « c’est le festival d’augmentations », qui n’ont pour seule fonction que de cacher une prétendue absence de hausse de la fiscalité.
Prenons quelques exemples :
- Fin de la zone bleue, représente près de 200.000 € de recettes supplémentaires;
- L’augmentation des tarifs des services aux familles (cantines, séjours, …) a été en moyenne de 2,5% quand l’inflation est de 1%;
- + 6% pour les tarifs réduits à la piscine;
- + 2,5% pour les concessions et les services funéraires; 
- + 20% de surtaxe sur les résidences secondaires;
-   La création d’une taxe de séjour sur les hôtels de la ville;
- + 15% sur le prix des places facturé aux commerçants du marché, qui s’impacteront bien entendu sur les prix de vente aux Charentonnais.
- A tout ceci devant bien sûr s’ajouter les 1% d’augmentation globale des bases locatives, cette augmentation à elle toute seule compensant les effets de l’inflation.
Et avec tout cela, il faudrait donner un quelconque crédit à vos annonces de non augmentation de la fiscalité locale. Pour notre part, nous ne sommes pas dupes.

Concernant l’Investissement :
Votre grand projet pour ce budget est l’école A. France, vous connaissez notre position sur le fait de construire une école à cet emplacement et au dessus d’un parking. 
Si nous faisons le même constat sur la nécessité de construire une école primaire sur notre ville, nous considérons le choix de sa localisation comme inconstant tant le quartier du Pont souffre de l’absence d’une telle école et qu’à l’inverse le centre souffrira d’un trop grand nombre d’offre de places. Ce sera donc aux habitants du bas, une fois de plus, d’aller vers le centre quand le centre pourrait venir à eux. 
Le fait marquant en recettes est que, malgré le coût projeté de l’école, notre budget n’a même pas l’utilité d’inscrire un emprunt d’équilibre, même si on le sait provisoire.
Sauf, à ne plus rien y comprendre, vous nous proposez donc de construire cette école sur nos fonds propres ? Nous croyions que ce serait financièrement impossible sans les recettes de la vente de J.Jaurès ou sans avoir recours à l’emprunt.
Eh bien, ce n’est ni l’un ni l’autre... Alors pourquoi vendre le patrimoine communal ?
Nous touchons là du doigt une grave contradiction qui démontre bien que, bien gérée, notre ville n’a pas besoin de vendre ses bijoux de famille.
Nous vous remercions de nous donner raison en fait et en chiffres ! 
A l’inverse vous aurez constater une baisse vertigineuse des investissements sur la voirie la voirie de plus de 45%.
Pour notre part, nous considérons comme prioritaire l’accompagnement des Charentonnais à tous les stades de leur vie.
Nous mettrions à profit 20 % des 10 M€ d’excédents budgétaires pour ne pas ajouter à la période de crise des charges supplémentaires pour les Charentonnais,
Nous porterions un regard équilibré sur la nécessaire adaptation de notre ville :
- Nos écoles seraient près des enfants ;
- Le quotient familial serait généralisé ;
- Plutôt que de nous rêver grand agent immobilier nous mettrions à la disposition des Charentonnais le patrimoine de leur ville ;
- Nos aurions une politique du logement en phase avec les besoins des citoyens et non aux seules fins de constructions idéologiques ;
- Nos donnerions la priorité à l’action de proximité : conforterions nous associations, lancerions des projets d’échange et de dialogue.
- Nous prendrions les décisions importantes, que vous ne prenez pas depuis 15 ans, sur l’avenir économique de notre ville, notamment sur le quartier de Bercy.
Enfin, je terminerai en disant que nous avons parfaitement conscience que la Ville de Charenton apporte de nombreux services à ces habitants et nous ne jetons pas « le bébé avec l’eau du bain ».
Mais, compte tenu de sa richesse intrinsèque, de ces excédents constatés d’années en années, de l’évolution de ces bases fiscales mis en parallèle avec la situation de crise que connaît notre pays et ses habitants, cet environnement impose de faire des efforts de solidarité et d’innovation particulières.
Nous regrettons les axes purement financiers de vos projets,
Nous regrettons que les Charentonnais, dans leur diversité, ne soit pas le cœur de vos préoccupations.
En définitive, nous orienterons nos dépenses et nos recettes dans une logique totalement différente de la votre.
C’est pour quoi nous ne voterons pas le budget primitif 2016 qui nous est proposé.  
Merci de votre attention.

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