lundi 20 mars 2017

Une alternative à Charenton

Rapport d’Orientation Budgétaire
Ville de Charenton
Intervention de G-M BELLAÏCHE 
du 2 mars 2017
Pour le groupe des élus
Mes cher(e)s collègues,

C’est le moment du Débat d’Orientation Budgétaire.
Moment politique s’il en existe, d’autan qu’il s’agit du premier débat de ce type sous votre direction M. le Maire.
Nous avons connu dans cette enceinte des débats d’orientation trop stériles pour ne pas tenter, avec votre (presque) nouvelle équipe, d’en faire de nouveaux dans lesquels ne ressortiraient qu’un échange permettant de faire avancée la ville au travers de point de vue parfois contradictoires mais toujours donnés dans le seul but d’améliorer la vie de concitoyens.
Car, en effet, l’essence même de notre rôle est de proposer une alternative politique à votre gestion. Sinon nous serions dans votre majorité !
Certes, nous sommes des Charentonnais qui portons un regard différent sur notre ville et qui, c’est sur, viennent donner une autre vision sur les finances de la ville, leurs perspectives à très court terme et les choix d’avenir.
Permettez nous, tout d’abord, de saluer le bon travail de l’administration sur les documents de ROB qui nous ont été remis.
Nous partageons les mêmes faits : notre pays se doit de réduire son train de vie.
Le Gouvernement actuel a mis en place une réforme du financement des collectivités locales qui a abouti à une baisse des dotations et la création d’une péréquation entres collectivités.
Cette baisse a été accompagnée d’un renforcement de la péréquation et de l’augmentation de la Dotation de Solidarité Urbaine
Il est vrai que notre ville ayant des bases fiscales 3 fois supérieures aux villes les plus pauvres du département, il convient de regarder les baisses qui nous sont infligées avec un peu de recul et, osons le dire, avec un sens de la solidarité entre communes pauvres et communes riches.
Vous le savez tous ici, il n’est pas question de bonnes ou de mauvaises gestion, il est question de richesse intrinsèque, d’histoire et de localisation géographique.
Dans notre département, les villes concernées par ces baisses ou ces dotations supplémentaires ne sont pas liées à la couleur politique, j’en veux pour preuve l’éligibilité des villes du Plessis-Trévisse ou de Villiers-sur-Marne à la Dotation de Solidarité Urbaine et à la péréquation régionale.
Donc, du point de vue de notre groupe, les villes doivent elles aussi participer à l’effort des finances publiques défini au niveau national.
Et quand, je regarde les programmes des principaux candidats à l’élection présidentielle, qu’il s’agisse de MM. FILLON, MACRON ou HAMON, ils proposent tous peu ou prou un effort important demandées aussi aux collectivités locales.
En vérité, comment pourrait-il en être autrement ?
Il n’empêche que les gestionnaires communaux doivent, de ce fait, imaginer de nouvelles formes d’intervention et s’adapter. Nous en convenons avec vous c’est compliqué, anxiogène mais pas insurmontable.
D’autant que la révolte de certains élus locaux, toute obédience politique confondue, à permis de mettre un frein à logique de la baisse de dotation permettant ainsi aux collectivités de récupérer 1 Md€ sur les 2 de baisse initialement prévus.
Comme vous l’avez rappelé au début de votre intervention, le DOB devient le ROB.
Pour être parfaitement honnête, les habitudes charentonnaises, à mettre à votre crédit, ont fait que ce ROB ressemble comme un frère à l’ancien DOB à l’exception des données concernant la masse salariale et le chiffrage des investissements sur plusieurs années.
Et là, nous devons regretter que vous n’ayez pas poussé l’exercice jusqu’au bout et que nous restions dans l’attente des perspectives chiffrées de vos investissements (en recettes et en dépenses) pour les années à venir.
Mais, nous sommes sûrs que dès l’année prochaine vous aurez pris le pli de répondre aussi à cette nouvelle exigence.
Ceci n’est pas anodin, car au-delà du triste tableau fait sur les dotations de l’État, vous êtes passé un peu vite sur un dispositif important : la pérennisation et l’augmentation de la dotation de soutien à l’investissement local qui est passé de 423 M€ en 2015, à 1 Md€ en 2016, pour être prévu à 1,2 Md€ pour 2017.
Ce qui nous est pris d’une main sur notre fonctionnement nous est, partiellement, rendu d’une autre main pour notre investissement.
Toutefois, adapté à la situation Charentonnaise, nous butons sur votre postulat de gestion qui impose que nous n’investissions qu’en fonds propres sans avoir recours à l’emprunt. C’est un choix, ce n’est pas le nôtre et je suis prêt à faire la démonstration qu’il serait plutôt de bonne gestion d’y avoir recours, sans bien sur tomber dans le travers de l’exagération ou du surendettement.
Je vous propose à présent d’entrer dans les politiques sectorielles en commençant par celles liées au fonctionnement.
Tout d’abord, il nous faut rappeler que la progression de nos recettes est aussi liée à notre propre fiscalité et là pour une liste qui avait promis aux élections municipales la stabilité fiscale, au fil des années nous rendons compte qu’il s ‘agissait d’un vœu pieux qui n’a pas été suivi d’effets ou plutôt que la réalité a été plus têtue.
Au fil des nos discussions budgétaires, nous vous avons détaillé les augmentations de fiscalité, souvent déguisée, que subissent nos concitoyens : qu’il s’agisse des 250.000 € liés au nouveau stationnement payant, ou des 200.000 € attendu pour la taxe de séjour, les augmentations de tous les services fournis par la ville au-delà des 1,8 % d’inflation et parfois jusqu’à 65 % (salle du tribunal), les 20% supplémentaires de taxe d’habitation pour les résidences secondaires augmentés en 2017 de 20% et qui devrait rapporter environ 150.000 €, etc…
C’est donc aux citoyens de Charenton que vous demandez de combler, en partie, les pertes de dotations.
Car en conclusion de cette partie générale, vous projetez une capacité d’autofinancement de l’ordre de 5 M€, sans tenir compte de recettes exceptionnelles et des variations à la hausse de recettes qui vous font réussir à clore votre budget tous les ans sans emprunt après avoir pourtant inscrit un tel emprunt au Budget primitif.
Avec notre expérience nous savons que les chiffres annoncés seront conforté d’1 ou 2 M€ ce qui nous ramènera à une situation presque normale au regard des 8 M € moyens que nous dégageons annuellement en autofinancement.
C’est donc une situation tendue, qui demande de se reposer les bonnes questions en terme d’organisation, de dépenses et d’investissements, mais qui ne saurait être décrite comme dramatique ou insurmontable.
Bien sûr que tous ici nous aurions été satisfaits de ne pas avoir subir les baisses programmées, mais nous sommes face a une situation maintenant connue, moins difficile que prévue et anticipable.
A présent nous pouvons, je pense, entrer dans le détail des politiques sectorielles.

Concernant les politiques de solidarités,
Lors du dernier DOB, en février 2016, mon groupe réclamait, suite au décès d’un SDF sur notre ville que soit mis en place des moyens nécessaire à la détection, à l’accompagnement, l’aide et le logement d’urgence pour les plus démunis.
Mais rien n’est toujours envisagé dans vos perspectives budgétaires sur ce point précis pour lequel nous voulons réaffirmer à la fois notre attachement et le symbole qu’il devrait représenter dans une ville favorablement avantagée comme la nôtre.

Sur le dossier de la petite enfance,
nous vous félicitons d’avoir étendu le soutien à l’accueil des jeunes enfants pour les parents ne trouvant pas de place à la crèche.
Nous voulons vraiment insister sur l’importance de cette mesure, que nous tient à cœur depuis plus de 15 ans, car, si elle installée dans sa plénitude, permettra de libérer de nombreuses places en crèches en favorisant le fait que les places ainsi libérées profiteront à ceux qui n’ont pas d’intérêt fiscal, ou pas les moyens tout court, d’embaucher une « nounou », comme on dit, à domicile.
Dans le même temps, nous ne vous suivons pas quand vous décidez de transformer la « crèche bleue » d’une situation municipale au placement de son exploitation en gestion privée.
Il ne s’agit d’une position dogmatique, mais les chiffres que vous annoncez du prix au berceau sont plus élevés que cela couterai à la collectivité en gestion publique, mais aussi parce que cela est en train de se faire :
- sans information, ni consultation des parents
- sans information, ni consultation des personnels
Nous noterons concernant ces personnels qu’il s’agit d’une catégorie d’agent à la fois difficile à recruter mais aussi particulièrement confrontés aux risques de maladies et de fatigue et, qu’à notre sens, il conviendrait de leur apporter une attention particulière. Et ce n’est pas un hasard s’ils ont été parmi les plus nombreux à exprimer leur mal-être lors des derniers mouvements sociaux qu’à connu notre ville.

Concernant les actions à mener sur l’habitat social de notre ville,
Notre ville est train de retrouver le chemin des 25% de logements sociaux que nous impose la loi et c’est une bonne chose.
Alors que la dynamique semble bonne pourquoi, dans l’habitat social, ne pas s’obliger à une mixité ?
Toutes les opérations récentes ou en cours de construction de logements sociaux sont sous la forme de PLS ou de PLI, mais aucun sous la forme de PLA ou de PLAI.
Pour notre groupe, il serait grand temps de finir avec des pratiques du passé et donner à l’attribution des rares logements disponible à la fois une grande transparence mais aussi une grille de critères connus de tous.
Vous le savez, comme pour le reste d’ailleurs, nos concitoyens veulent, et exigent, que les pratiques d’antan cessent.
Vous devez vous donner les moyens de ne plus entendre : « Pourquoi lui plutôt que moi ?», « j’ai sur mon palier des gens qui sont arrivés et qui ont moins besoin que ma famille d’un tel logement », etc…
Notre groupe vous demande de mettre en place une commission d’attribution des logements sociaux disponible dans laquelle siègerai des citoyens, des représentants des associations concernées et bien sûr des élus.
De plus, et la lecture du dernier rapport de la Cour des comptes est édifiante à ce sujet.
Savez-vous que si nous menions, à l’échelle du pays, une politique de rotation à l’intérieur des logements sociaux ce serait plus de 46.000 logements qui pourraient être redistribués ? C’est simplement une année pleine de construction de logements sociaux.
Par rotation il faut entendre, la famille dont les enfants sont partis et qui n’a plus besoin du 5 pièces qu’elles occupent, les personnes âgées qui souhaitent, à des tarifs au m2 équivalent, avoir un logement plus petit, les familles dont les revenus dépassent considérablement les plafonds demandés, etc…
Notre service habitat doit être pleinement investit dans cette démarche qui, en plus, favoriserait le parcours locatif des habitants en leur permettant de voir évoluer leur type d’habitat tout au long de leur vie.


Concernant le CCAS,
Là je pense que nous allons touché l’un des points les plus différenciant entre nos objectifs politiques.
Tout d’abord, nous aurons compris que si la subvention au CCAS va augmentée en 2017 c’est exclusivement fait pour compenser un simple transfert de charges (la semaine bleue et le banquet du maire aux séniors) pour une valeur de 90.000 €.
Pour le reste, aucun coup de pouce n’est donné cette année au CCAS.
En même temps serait-il de bonne gestion d’alimenter un compte qui dégage un excédent cumulé de 300.000 € représentant 25% de son budget total ?
Ou plutôt, vous parait-il normal qu’un tel organisme dans la période que nous connaissons ne soit pas en demande mais au contraire soit en excédent ?
Pardon de vous le dire comme çà, mais j’en suis choqué et pas seulement moi !
D’autan que les réformes se suivent et ont parfois des retours intrigants :
- vous avez mis en place le quotient familial sur la facturation des repas à domicile, ce qui est théoriquement une très bonne démarche… malheureusement ce nouveau calcul a aboutit à une recette supplémentaire supérieure à 20% au prévisionnel. Ne faudrait-il pas revoir ce barème pour ne pas donner comme message que le but était de faire payer plus nos séniors ?
- A l’inverse, si nous avons un quotient familial sur la restauration à domicile, qu’il nous faut recalibrer, pourquoi sur les sorties et les activités destinées au séniors rien n’est prévu ou plus exactement, en étant sous le seuil de pauvreté le sénior concerné à droit à une sortie gratuite par trimestre …et rien les 89 autres jours. C’est un juste équilibre qu’il nous faut trouver en intégrant l’impérieuse nécessité de ne laisser personne isolé.
- Concernant le Pass’Sport, qui va devenir le Pass Sport et culture, nous ne pouvons que vous inciter à l’étendre, dans les classes d’âge, et dans ses thèmes. En effet, vous le voyez bien quand une aide est à la fois intéressante en termes de rapport temps pour la constitution de dossier/rapport monétaire et domaine d’activité : le succès est au rendez-vous.
Je ne peux résister à faire un comparatif avec les médiathèques. Rappelez-vous depuis combien de temps nous demandons la gratuité des médiathèques, pour un coût, ceci dit en passant, de moins de 10.000 € annuels et bien, une fois que vous nous avez suivi dans cette réforme, le succès est au rendez-vous et nous voilà avec, modestement, un doublement de la fréquentation des ces lieux.
Pour revenir au CCAS spécifiquement, nous vous invitons à le rendre plus fluide, plus accessible.
Ce n’est pas sur les démunis que nous devons faire des économies, notre devoir de solidarité n’est pas un devoir d’aumône contrainte, mais au contraire la volonté affichée et forte de soutenir ceux qui, dans une période difficile, ont besoin, ponctuellement, de l’aide collective.
Ne rendez pas complexe l’attribution des aides, donnez à ce service les moyens de suivre les demandeurs.
Mais aussi, il nous faut nous interrogé sur le calibrage et les populations concernés par le CCAS.
Il ne nous paraît pas normal que le CCAS soit, de fait, le service retraité de la ville.
Soyons clair, nous ne proposons pas une baisse et ou une mise au rencard de cette population, nous disons au contraire qu’il faut renforcer ce pôle pour que les jeunes, les familles, les précaires puissent y trouver les aides dont ils ont besoin.
A titre d’exemple, nous regrettons que l’accompagnement des bénéficiaires du RSA ait été supprimé.
Dans cet exemple nous ne parlons pas de compétences institutionnelles, mais simplement le fait que notre obligation est d’accompagner tous les Charentonnais qui connaissent un accident de la vie.
Il ne nous paraît pas normal que sur un budget d’intervention de près d’1 M€, 88% de cette somme soient au profit d’un seul type de population et que les autres types devraient se partager moins de 12%.

Concernant les familles,
Nous sommes en phase avec vous dans le soutien aux élèves partant en classes de découvertes, nous savons qu’il s’agit d’un budget important et nous vous soutenons dans le fait de permettre aux enfants, et à leur professeurs, de voir la classe et leur environnement de façon différentes.
A l’inverse, nous souhaiterions que sur les activités périscolaires, nous renforcions le projet éducatif, qui nous paraît faible dans ces premières actions, que le bilan qui en est fait soit participatif et à l’écoute de la communauté éducative, des agents de la ville et bien sûr des parents.

Concernant la culture,
Il nous faut collectivement, trouver le moyen de faire revenir les spectateurs dans nos théâtres.
Bien sûr, il y a la programmation mais notre attractivité dépend aussi de notre tarification et de notre commercialisation.
En chef d’entreprise, je vous affirme que souvent le fait de baisser les prix est source de recettes et de marges supplémentaires, car il n’y a rien de plus cher qu’un siège vide quand il pourrait être occupé par un spectateur même à un tarif « bradé ».
Je ne reviendrai pas sur la nouvelle affluence dans nos médiathèques, tant le résultat obtenu est au-delà de toutes nos prévisions.
D’ailleurs sur ces dernières, il serait bon de nous tourner de plus en plus vers les nouvelles habitudes de consommation et par exemple inventer des salles de streaming, vidéo ou musique à la demande, dans les lesquelles il serait possible de voir des films ou écoutez les derniers morceaux de musiques sortis.
Vous le savez, nous n’aurons de cesse de vous réclamer, année après année, la mise en place d’un quotient familial pour nos conservatoire et ateliers d’arts plastiques.
Vous l’aurez constatez, qu’il s’agisse du théâtre, des médiathèques, du conservatoires ou des ateliers, le bon calibrage entre offre de service et tarification est la clef de la bonne diffusion de notre politique culturelle vis-à-vis de TOUS les types de population de notre ville, sans en laisser aucun de côté.

Concernant le secteur de la jeunesse,
Je commencerai par une question, le dimanche quand il pleut où peuvent aller nos jeunes ? Quel lieu qui leur serai destiné est librement accessible ?
Je pourrai poser la même question quand le soleil brille mais que les parcs et jardins de notre ville sont fermés, c’est à dire aux environs de 18h30/19h ?
Ces questions ne sont pas anodines.
Vous avez choisi de municipaliser tous les espaces destinés aux jeunes, et vous le savez nous avons toujours été pour cette municipalisation, mais notre but était de rendre plus accessible les politiques destinées aux jeunes.
Or, que constate-t-on ?
Certes, l’espace jeunesse et le service « médiation sociale » jouent leur rôle, mais dans un esprit qui est celui que vous avez décidé c’est à dire un peu trop moralisateur, très contraignant et surtout avec des horaires pas très bien adaptés. Ce qui aboutit à une situation dans laquelle la majorité des jeunes de notre ville ne s’y retrouvent pas.
De ce fait, certains d’entre eux errent dans la ville, occupent les parcs, les places, même les halls d’immeubles et là le cercle négatif se mets en place. Car sans lieu dédié, ces jeunes qui n’aspirent pourtant qu’à s’amuser entre eux, font du bruit, enfin plus de bruit que nos oreilles d’adultes peuvent entendre, sont en groupe et de ce fait la police municipale, et même nationale, intervient, non pas auprès de délinquant mais auprès de jeunes « normaux » de notre ville que les structures municipales n’accueillent pas et que ces interventions de police choquent au plus haut point.
Vous habituez toute une classe d’âge à cette situation, et ce n’est pas un hasard si des problèmes sont de plus en plus visibles, 4 ans après la fin de l’ALIAJ.
Car il s’agit de cycle de génération, cycle de 2 à 5 ans chez les jeunes.
Nous refusons avec vigueur que l’absence de politique de la jeunesse ouverte pour tous se règle par policier interposé.
Ce n’est ni rendre service à nos agents de police municipale, qui de ce fait distendent leurs liens avec les jeunes, là où nous devrions créer au contraire un lien social et de police de proximité, ni aux jeunes qui ne savent où aller et se sentent mis en accusation parce qu’ils seraient dans la rue.
C’est un cercle vicieux, sur lequel il est particulièrement urgent d’agir afin de le transformer en cercle vertueux.
Si vous n’avez pas d’idée, je vous propose d’aller voir ce qui se fait autour de nous et pour être encore plus crédible, je vous proposerai non pas d’aller voir à Alfortville ou à Créteil mais à Maisons-Alfort : leur contrats bleus, les gymnases et stades ouverts, etc…
En définitive, notre politique de la jeunesse, sans jeter le bébé avec l’eau du bain, doit s’élargir à tous les styles de jeunes et des lieux d’expression et de rendez-vous doivent voir le jour.

Concernant le sport,
Bien sûr, vous n’échapperez pas à notre critique lourde sur le devenir et l’existant de notre piscine municipale.
A tergiverser depuis des années, à remettre à demain l’application des conclusions des études qui nous sont promises à chaque débat budgétaire, nous rendent à la fois faible et incapable de remplir nos obligations vis-à-vis de nos concitoyens en général, mais aussi vis-à-vis des clubs et associations sportives, qui, vous le savez, pour certains sont de classe nationale.
Enfin, et plus généralement, la structuration de notre monde associatif, et notamment le fait que chaque association fixe ses propres tarifs, qu’il n’existe pas un Office municipal des Sports qui permettrai à chacun de payer UNE SEULE INSCRIPTION pour bénéficier de tous les sports, nous impose d’amplifier et d’ouvrir au plus grand nombre le PASS’Sport.
Puisqu’il s’agit du monde associatif, nous avons été surpris de constater qu’il n’y plus dans votre exécutif de maire-adjoint chargé du monde associatif. Pourtant, il y a des associations qui ne sont ni culturelles, ni sportives, ni pour les anciens combattants et qui cherchent vers qui se tourner.
De notre point de vue, la cohérence d’une politique nécessite un coordinateur. Là vous semblez vouloir éclater les responsabilités et les interlocuteurs, nous pensons qu’il s’agit d’une erreur.

Concernant l’action économique sur notre ville,
Je reviendrait sur un point : « la taxe de séjour ». Nous avons vu que ce nouvel impôt va rapporter quelques 200.000 €, mais, vous le savez, il ne s’agit d’un impôt comme les autres. Celui-ci doit être dédié à des actions de promotions et de développement touristiques.
Si à la création de cet impôt, que nous avons soutenu, il était entendable que les actions seraient ultérieurement définies, aujourd’hui il nous semble que ce programme devrait être établi et que la simple adhésion au Comité Départemental du tourisme est loin d’être suffisante.
Oui, nous devons accompagner le projet d’Exposition Universelle, mais nous devons mettre en valeur notre patrimoine, jouer sur la proximité avec Paris, 1ère ville touristique au monde, être en capacité de proposer des tours incluant Charenton aux tour-opérateurs, etc…
Mais cette taxe ne serait pas équitable, si en plus des hôtels et des résidences de tourismes, n’étaient pas incluses les locations liées aux sites de type RB&B. Nous demandons donc, d’étendre cette taxe de séjour à tous les acteurs de la location saisonnière.
J’évoquerai simplement le serpent de mer qu’est le ré-ré-ré-aménagement de la rue de Paris semi-piétonne : après autant d’année, il est clair que nous avons besoin d’aide et qu’il serait temps de faire appel à des professionnels du réaménagement commercial des centres villes afin de redonner à notre commerce de proximité la vigueur et les débouchés qu’il est en droit d’attendre.

Concernant la sécurité,
Pour notre part nous ne dissocions pas la sécurité de son pendant qui est la prévention.
Notre demande est simple, dans un souhait de mettre en place une politique qui préviendrait avant d’être obligée de réprimer. Nous vous demandons d’affecter aux domaines de la prévention le même budget que celui qui est affecté à l’organisation de la surveillance et de la répression.
Nous sommes persuader que donner de nouveaux moyens à la prévention permettre de traiter les problèmes en amont plutôt que de les laisser se dégrader et être obliger de prendre des mesures de répression.
Vous savez c’est comme pour la sécurité sociale, si nous prenons la santé des gens en amont et bien les coûts de traitement des maladies n’en seront que moins importants.
Notre police municipale, doit être une police de proximité d’abord et de répression ensuite et non l’inverse.
Notre objectif, et j’espère être bien compris, et de rendre plus harmonieux les liens entre les agents chargés d’assurer la paix sociale dans notre ville et les habitants.
A l’inverse, quand la situation l’exige, comme aujourd’hui dans le traitement des places de deal sur notre ville, c’est une police ferme qu’il nous faut.
Et c’est justement le cercle vicieux dont je parlais tout à l’heure, si nous laissons une partie de notre population sans lieu, sans encadrement et à la fois sans une certaine liberté, des situations graves ne sont pas réglées à la racine et créent de la délinquance et de l’affrontement avec nos agents de sécurité publique.
Rassurez vous nous ne sommes pas angéliques, mais nous nous imposons comme règle intangible de privilégier toujours la prévention et le lien social à la répression.
Car pour nous la répression est un aveu d’échec d’une politique de prévention mal adaptée ou inexistante.

Concernant l’aménagement de notre ville,
L’opération de CIN est lancée sur Bercy Charenton et vous savez à la fois que nous avons soutenu votre démarche et que nous sommes particulièrement attentif au programme qui va nous être proposé.
Il n’empêche que dans cette zone, la protection des riverains est encore au stade embryonnaire.
Vous avez rappelé lors de vos vœux que notre député était intervenu pour, enfin, que soit pris en compte les nécessaires protections face aux pollutions provoquées par l’A4.
Outre le fait, que j’entends plus parler de Maisons-Alfort, de Saint-Maurice et même de Joinville que de Charenton.
Je voulais rappeler deux choses essentielles :
- La première est que la question du financement est réglée puisque en 2015, j’ai fait (pardon pour cette immodestie, mais pas le député), j’ai fait donc intégrer dans le Contrat de Plan Etat Région (CPER) le financement de ces protections ;
- La seconde c’est qu’il s’agit à présent de doubler tout le monde et d’être les premiers à exiger ces travaux. Car vous l’aurez compris, si le CPER est investissement considérable les milliards mis sur la table seront affectés à ceux qui seront prêts les premiers et que, comme toujours dans notre pays, c’est le premier arrivé le premier servi et ….malheureusement, rien pour les autres ou plus tard.
Nous cela fait 40 ans que l’on attend !
Sachez que toute action qui ira dans ce sens aura notre soutien dans ce Conseil et ailleurs si le besoin existait.
Je ne reviendrai dans le détail sur votre projet d’école rue A. France vous savez que nous sommes contre sa localisation et qu’il s’agit, selon nous, d’une erreur urbaine et une rupture d’équité vis-à-vis des population du Pont de Charenton et plus généralement celle du sud de la ville qui seront les seuls Charentonnais à ne pas avoir d’école primaire à proximité immédiate de leurs habitations.
Par contre, est-ce volontaire ou est-ce un lapsus, plus rien n’est écrit sur le projet J. Jaurès.
Non pas que nous le regrettions, mais nous espérons qu’il s’agit de l’amorce, je sais notre optimisme est totalement débridé, de l’amorce donc d’un nouveau dialogue et d’une nouvelle orientation pour la préservation architecturale de ce bâtiment et son devenir.
Une fois n’est pas coutume, je terminerai par les agents de la ville, comme je le disais
Ils sont notre force,
Ils sont notre image,
Ils sont notre efficacité.
Je veux ici leur rendre hommage pour le travail qu’ils effectuent au quotidien.
Nous voulons être bien clairs, notre critique sur l’action politique de cette ville n’est en rien une remise en question de la qualité de leur travail.
Ils sont les exécutants d’une politique municipale définie par votre majorité, mais ils seraient tout aussi dévoués, j’en suis sur, dans la mise en place d’une autre politique.
Mais aujourd’hui ils expriment un malaise, une souffrance au travail. Ils ont exprimé en manifestant dans notre ville.
Reconnaissez avec nous qu’un tel mouvement ne peut être considéré comme minime. Nous n’avions pas vu cela depuis 2002.
Sans eux, nous, vous ne serions rien.
Nous avons besoin d’eux, comme nous avons besoin qu’ils soient investis et reconnus pour leur travail.
Ecoute, partenariat, décisions concertées, cercle d’atelier ou de service, etc…, nous considérons que notre ville ne pourra avancer qu’avec des agents en phase avec la politique managériale mise en place.
Nous leur apportons notre soutien et vous prions de revoir, tout ou partie, de votre gestion des ressources humaines. Car là aussi c’est la prévention et l’écoute qui sont la base d’un esprit collectif positif. 

Voilà, je vous ai présenté nos orientations budgétaires, j’ai essayé, mais ai-je réussi ?, d’être moins cassant mais plus dans l’observation critique et la proposition.
Pourquoi ?, mais parce que nous avons un nouveau maire, et qu’il nous appartient aussi de tenter de créer un nouveau type de dialogue.
Là aussi j’espère ne pas être dans un optimisme débridé. J’espère que nous saurons collectivement être capable de gérer de façon critique la gestion de notre ville sans pour autant être dans le pugilat de ces dernières années.
Car si de toute évidence, le nouvel exécutif à une obligation de solidarité avec les politiques menées dans le passé, il aussi un droit d’inventaire et les relations passées désastreuses avec l’opposition en font partie.
Bien sûr nous avons de graves points de désaccord sur notre ville et sur la politique en générale, cela ne signifie pas que nous ne pouvons écouter le point de vue de l’autre et quand il bon le reprendre à son compte.
Nous avons su prendre nos responsabilités pour être avec vous et appuyer le CIN, pour être à vos cotés pour exiger les protections de l’A4 ou pour défendre l’exposition universelle. Ce climat n’existait pas ici il y a quelques mois,. Alors nous attendons la même écoute de votre côté.
Voilà, j’ai été long mais ce débat, si l’on veut le rendre sérieux l’exigeait.
En conclusion, notre ville doit faire face aux défis financiers de demain, ils nécessitent d’avoir une nouvelle approche de notre rôle, ils doivent répondre à l’aspiration de participation active des citoyens à la décision, ils nous imposent de réfléchir à notre façon de mettre en œuvre le « vivre ensemble ».
Comme vous le constatez une autre façon de vivre notre ville est possible, le D.O.B est l’occasion de confronter nos positions, non pas de les opposer, puisqu’il n’y a pas de vote, mais de permettre à chacun d’entre nous d’avoir une vision plus large de ce qui peut être fait et pourquoi pas faire avancer de nouvelles idées.
Je vous remercie de votre attention

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