jeudi 24 mai 2018

Autoroute A4 : encore une étude et toujours pas de protections pour les Charentonnais(es)

Carte du bruit à Charenton
Intervention de G-M BELLAÏCHE  
Conseil municipal du 23 mai 2018 

Mes chers collègues,
Depuis 30 ans je suis attentivement la vie charentonnaise, et s’il y a bien un serpent de mer qui n’ait jamais trouvé de solution c’est bien celui de la lutte contre le bruit.
Alors, on pourrait se dire : « le bruit, mais il est partout et surtout en site urbain ». Oui, c’est vrai et pourtant à Charenton nous sommes classés dans les 10 premiers sites d’Île-de-France dans la catégorie, non pas où il fait « le mieux vivre » ou où « l’éducation serait la meilleure » ! Non, nous sommes parmi les dix points noirs du bruit de toute l’Ile de France.
Sur 12 millions d’habitants franciliens, nous avons l’insigne honneur d’être ceux qui subissent le plus le bruit.
Alors c’est vrai, tous les Charentonnais ne sont pas logés à la même enseigne. Il y a les Charentonnais des bois et ceux de l’Autoroute.
Il y a ceux qui vivent dans des logements sociaux qui ont 99% de chance d’être exposé au bruit et les autres.
Vous savez, j’ai vu passer trois maires.
Le premier, A. Griotteray avait agi pour protéger les riverains contre le bruit et quand le jour du grand choix est arrivé, il a préféré faire un pseudo-référendum (avec moins de 30% de participation !) qui a abouti à refuser un mur phonique contre des isolations de fenêtres.
J’en étais déjà désespéré.
Puis M. Brétillon lui a succédé. Pour lui le chantier était beaucoup trop important, il semblait dépasser son entendement et quand était évoqué des chiffres de plusieurs dizaines de millions d’euros ont avait le sentiment que ces sommes dépassaient sa vision des choses. De 2001 à 2016 il ne s’est donc rien passé.
Pire quand en 2010 je deviens Conseiller régional, je me démène pour intégrer Charenton dans les priorités franciliennes. En effet, à ma grande surprise, je constate qu’aucun plan, qu’aucune demande, émanant de ce Conseil municipal ou de cette majorité, ne fait état du problème Charentonnais et donc aucune solution n’est en gestation.
Pour ma part, cette facture urbaine que représente l’A4 a toujours été la priorité de mes priorités, j’ai pu constater en arrivant à la Région que cette urgence n’était pas traitée par la ville de Charenton.
Donc dès septembre 2011, j’ai fait voté un plan de 290 M€ pour résorber « les 10 points noirs du bruits » en Ile de France et Charenton en faisait bien sûr partie.
Les années sont passées : Vincennes à vu son RER couvert, Saint Denis à vu son autoroute couverte, Saint-Maurice, Maisons-Alfort ont eu des murs de protections phoniques. Je vous invite à aller voir sur Saint-Maurice le panneau à l’entrée de l’autoroute côté Montgolfier et là vous verrez un panneau « survivant » indiquant que les murs phoniques ont été financé à 100% par la Région de l’époque.
Mais Anne, ma sœur Anne ne voyait toujours rien venir à Charenton.
Les fonds étaient donc là, mais la volonté du maire était absente.
En 3 ans aucune demande n’a émané de Charenton.
En 2015, quand il y a eu le CPER, nouvelle fois j’ai fait inscrire (et ce n’était pas facile) les nuisances dues aux axes autoroutiers sur notre ville.
Mais je suis parti du Conseil régional, et patatras voilà que la révision du même CPER de 2015 intervient en décembre 2016 et oust ! plus de Charenton à financer, le mot même de Charenton a disparu du texte !
Alors que se passe-t-il aujourd’hui, après 30 ans, nous avons le sentiment que notre nouveau maire a décidé, enfin, de mettre un terme à ce scandale… Mais avec quel argent ? Car la situation ubuesque que vous nous soumettez aujourd’hui est … la même qu’il y a trente ans. Certes, l’organisme auditeur a changé, la belle affaire, mais des rapports sur le bruit il y a plein les armoires, je vous recommande l’excellent rapport qu’avait fait le département du Val-de-Marne sur le bruit et déjà Charenton était en rouge incandescent.
Donc, en conclusion, nous avons été largement échaudé sur la volonté politique de cette majorité à mettre un terme à cette ségrégation urbaine.
Nous prenons acte du fait que notre nouveau maire semble vouloir accélérer le processus de rétablissement de Charenton dans la norme francilienne, mais cette fois sans argent ! Comment allez vous faire ?
Donc en trente ans le 1er maire a eu les subventionnements nécessaires et les a orientées ailleurs,
Le second maire, sans s’en préoccupé a eu les fonds nécessaires mais n’a pas voulu s’en servir
Et enfin vous M. Gicquel qui semblez être investi dans ce dossier, n’auriez vous pas oublié que pour obtenir ces protections il faut être inscrit dans une démarche budgétaire ?… que la nouvelle majorité au Conseil Régional a supprimé concernant notre ville.
Par ailleurs, vous accordez beaucoup d’importance au concept d’autoroute urbaine, c’est une option. Pour l’instant nous n’avons eu connaissance que de quelques croquis mais quid de l’impact, quid de la circulation etc. ?
Ceci, comme le reste d’ailleurs, il est temps de le partager avec les citoyens concernés, c’est avec eux qu’il faut mettre maintenant en place des ateliers pour envisager la meilleure des solutions.
Alors, oui vous nous aurez à vos côtés quand il s’agira d’obliger la puissance publique à respecter le droit (et oui, car juridiquement la situation phonique des habitants de Charenton ne devrait pas exister) et oui, vous nous aurez face à vous si, à l’instar de vos prédécesseurs, vous faiblissez.
Validons ensemble cette énième étude, nous validerons le vœu que vous nous soumettrez en fin de Conseil et donnons corps à ce dossier qui n’a que trop tardé.
Merci de votre attention.

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